Guide
Que sont les associations de légumes ?
Les jardiniers observent depuis longtemps que certains légumes poussent mieux ensemble, et que d’autres se gênent. On parle d’associations pour les bons voisinages, de mauvaises associations pour les autres. Les raisons avancées sont variées : une plante dont l’odeur brouille la piste d’un ravageur, une racine profonde à côté d’une racine superficielle, une légumineuse qui enrichit le sol en azote, une culture rapide qui libère la place avant qu’une plus lente ne s’étale, ou au contraire deux plantes de la même famille qui partagent leurs maladies.
Ce tableau réunit 312 associations établies entre 51 légumes, aromatiques et petits fruits : 206 bonnes et 106 mauvaises. Il alimente le générateur de plan de potager, qui s’en sert pour placer les cultures côte à côte, et qui interdit les mauvaises associations entre voisins immédiats.
Comment lire le tableau
- Le sélecteur affiche, pour un légume, la liste de ses bons voisins et de ceux à éviter, avec la raison lorsque les sources en donnent une et le nombre de sources qui confirment.
- La grille croise tous les légumes : un plus vert pour une bonne association, un moins rouge pour une mauvaise. Cliquez sur un nom pour surligner sa ligne et sa colonne.
- La liste en texte reprend le même contenu pour chaque légume, lisible sur téléphone et avec un lecteur d’écran.
- Une case vide ne veut pas dire « mauvais » : elle signifie qu’aucune association n’est établie, ou que les sources se contredisent. Ces couples sont neutres.
Comment ce tableau a été établi
Nous avons relevé les associations dans 21 références de jardinage, françaises et étrangères, lues en entier. Une paire est retenue comme bonne ou mauvaise quand au moins deux sources indépendantes s’accordent et qu’aucune ne dit l’inverse ; elle l’est aussi quand au moins quatre sources s’accordent contre une seule, la source dissidente étant alors signalée. Deux sites qui reprennent le même texte ne comptent que pour une source. Toutes les autres paires, y compris celles sur lesquelles les sources se partagent, restent neutres.
Les sources nomment souvent les plantes de façon générale : « chou » désigne ici chaque variété de chou (pommé, fleur, brocoli, kale), « haricot » les deux types de haricots, « courge » le potiron et la butternut. La tomate cerise suit la tomate et le piment suit le poivron. Voici les références consultées :
- Légumes bons voisins : bonnes et mauvaises associations (Gerbeaud.com (X. Gerbeaud, maj. 2023))
- Associations de légumes et fruits au potager (Jardiner Malin)
- Bonnes et mauvaises associations de plantes (Gesal (Suisse))
- Les associations de plantes (le compagnonnage) (CPIE Pays Creusois (charte Objectif zéro pesticide))
- Les bons et mauvais voisinages au potager, le mariage des plantes (Société d'Horticulture du Bas-Léon (2010))
- Bonnes et mauvaises associations de légumes au potager (Jardinier Amateur)
- Associations de plantes au potager bio (Semailles (semencier bio, Belgique))
- Plantes compagnes : tableau des associations au potager (Willemse France)
- Tableau des associations de légumes au potager (Plant Essence)
- Vegetable Companion Planting Chart (University of Florida IFAS Extension, Manatee County (données Texas Agricultural Extension Service))
- Companion Planting Chart for the Vegetable Garden (The Old Farmer's Almanac)
- Tableau association légumes : guide complet par familles botaniques (Mille et une Branche)
- Association de plantes (Encyclo-ecolo.com)
- Association légumes potager : tableau des bons et mauvais voisins (Bdagri)
- Le bon voisinage au potager (La Ferme Grover (Québec))
- Les associations végétales - Cycle 2 (Jardinons à l'école (SEMAE, ex-GNIS))
- Associer légumes et plantes pour protéger le potager (Terre Vivante)
- Three ways to use companion planting (Royal Horticultural Society)
- Associations de légumes au potager : bonnes et mauvaises compagnies (Mon Potager)
- Comment associer les légumes au potager (Gerbeaud.com (Isabelle C., maj. 2023))
- The Myth of Companion Plantings (Linda Chalker-Scott, WSU Extension)
Quelques règles générales
- Le fenouil est réputé mauvais voisin de presque tous les légumes : on le cultive à l’écart, ou en pot.
- Les alliacées (ail, oignon, échalote, poireau, ciboulette) et les légumineuses (haricots, petits pois, fèves) sont traditionnellement tenues à distance les unes des autres.
- La pomme de terre et la tomate appartiennent à la même famille et partagent des maladies, comme le mildiou : on ne les place pas côte à côte.
- Le maïs, le haricot à rames et la courge forment le trio des « trois sœurs » : le maïs sert de tuteur au haricot, qui apporte de l’azote, et la courge couvre le sol.
Ce que dit la recherche
Il faut regarder ces associations pour ce qu’elles sont : des pratiques traditionnelles de jardinage. Certaines s’appuient sur des mécanismes connus ; d’autres n’ont jamais été testées, ou n’ont pas résisté aux essais. Voici ce qu’en disent quelques sources sérieuses :
- The Myth of Companion Plantings (Linda Chalker-Scott, Washington State University Extension) : Les listes traditionnelles de « plantes compagnes » n'ont pas de base scientifique (« valeur de divertissement ») ; en revanche la recherche documente des bénéfices réels des associations végétales : diversité qui attire les auxiliaires et brouille les ravageurs, fixation d'azote des légumineuses, systèmes comme les « trois sœurs ». Une étude citée trouve peu d'effet des aromatiques comme la menthe sur les insectes.
- Three ways to use companion planting (Royal Horticultural Society) : La RHS juge que les bénéfices revendiqués existent probablement, « mais pas pour chaque culture ni dans chaque cas » ; elle cite des effets étudiés (œillets d'Inde contre aleurodes, trèfle sous les choux contre la mouche du chou, alysse contre les pucerons de la laitue) et présente d'autres (oignon/carotte, ail/fraisier) comme des affirmations.
- Companion Planting and Insect Pest Control (Parker, Snyder, Hamilton & Rodriguez-Saona, IntechOpen (2013)) : Revue scientifique : certaines associations perturbent la localisation des hôtes par les ravageurs et favorisent les ennemis naturels, mais les mécanismes restent mal compris et beaucoup de recommandations traditionnelles manquent de validation ; les résultats dépendent fortement des espèces, de la disposition et du ravageur.
- Les associations de plantes potagères à grande échelle, est-ce possible ? (INRAE (13/11/2024)) : INRAE note que les associations potagères ont fait leurs preuves empiriquement (jardins, micro-fermes) mais que des verrous scientifiques et agronomiques subsistent : les bénéfices sont étudiés, non démontrés couple par couple.
Associer ne remplace pas la rotation
Le voisinage décrit ce qui est planté en même temps, à côté ; la rotation décrit ce qui se succède au même endroit, année après année. Les deux se complètent : le générateur place les bons voisins ensemble, et regroupe les cultures par famille, avec une couleur chacune, et propose le plan de l’année suivante, où chaque culture change d’emplacement. Voyez comment cela se traduit dans un potager de 20 m² ou un potager de 50 m².